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“Une œuvre magistrale, raffinée et audacieuse... Un disque à faire rêver. Une exploration musicale qui unie le passé au présent. Le résultat de nombreuses années de recherche et d’appropriation de styles musicaux. Il faut écouter.” —Francine Charette, Club-Culture
“Accessible, fin, magnifique sur toute la ligne.” —Alain Brunet, La Presse
“Un doux festin pour toutes les oreilles.” —Claude Grégoire, NetMusik
"Un album très spirituel et planant.” —Jean-François Parent, Chaos-News Magazine
“Un album d'une qualité exceptionnelle dans un enrobage sensible, presque mystique.” —Lise Millette, ShowBizz.Net
“Rares sont les créateurs, toutes catégories confondues, qui ont su marier autant d'influences avec une telle élégance et une telle élévation.”—Régis Tremblay, Le Soleil
À l'automne 1994, Marianne Ackerman de la compagnie Théâtre 1774, me demandait de composer et de jouer dans sa pièce Sliding in all Directions, inspirée de quatre courtes pièces d'auteurs canadiens et du Cantique des Cantiques. Marianne voulait comparer notre vision moderne de l'amour avec ce qu'elle comporte d'isolement et de cruauté à l'amour ancien, avec ses références à la fertilité et son culte du corps autant de la femme que de l'homme. Au départ, la symbolique issue de la nature exprimant la luxure de la terre avec ses parfums, ses huiles, ses élixirs semblaient un peu naifs en comparaison des apparats d'aujourd'hui.
Une fois la pièce terminée, je décidai de m'imprégner totalement de la poésie du Cantique des Cantiques. La musique de la pièce de Marianne était déjà passablement inspirée par l'esprit Méditerranéen, alors j'ai poursuivi en me laissant influencer par les opéras ou oratorios médiévaux avec leurs récitatifs en grégorien, les arias de différents styles de musique ancienne (Machaut et Dufay), la musique sacrée (Byrd et Brittain), la musique andalousienne et la musique arabe. La musique est de mon cru, mais construite à partir de plusieurs années d'écoute et d'appropriation de ces styles. Les paroles ont été prises à partir de différentes traductions avec parfois quelques variantes de ma part.
Plusieurs exégètes modernes considèrent le Cantique des Cantiques comme une compilation de chants érotiques du Moyen-Orient amassés autour du 3ième et 2ième siècle avant notre ère. La tradition juive y voit l'expression de la relation sacrée entre Dieu et son peuple. Les Chrétiens l'interprètent comme la relation entre le Christ et son Église. Je préfère y voir l'expression sacrée de la sensualité humaine.
À travers l'histoire, chaque traduction a changé légèrement le sens du Cantique, dépendemment des points de vue religieux de l'époque. J'ai laissé ces contradictions guider le fil de l'histoire du Cantique que je vous présente. Dans la Vulgate de Saint-Jérome, la référence au pommier traduit toute la culpabilité chrétienne. Par exemple, dans Sub Arbore Malo, la Mère chante à propos du péché originel et décrit l'acte sexuel comme un viol. À partir d'une autre version, dans Pose-moi comme un sceau, la Sulamite et le Berger chantent le même couplet qui affirme plutôt la vie et la sensualité. Pour ce qui est de Salomon, il n'est pas nécessairement le bien-aimé, malgré la vénération que lui portent les filles de Jérusalem à l'ouverture du Cantique (Shir Hashirim).
Tout le long du texte, on y découvre deux mères. J'ai pris la liberté de donner à une des mères un caractère de vilaine —que serait une histoire sans vilaine! De plus, on peut y voir deux couples, un de la ville et l'autre de la campagne. Je me suis permise d'évoquer le vieux triangle amoureux.
Un verset me semble très important puisqu'il est répété trois fois dans le Cantique. Pour moi, il est au centre de l'histoire: “Ne réveillez pas l'amour jusqu'à ce qu'il le désire.” Dans une des traductions du Cantique, c'est l'amoureux qui nous dit de ne pas réveiller son amante. Je n'ai changé que le mot latin “dilectam” (bien-aimée) pour “dilectionem” (amour) pour insister sur le fait que l'Amour ne peut être forcé. Il fleurira au moment voulu, on le verra et humera son odeur si nous y sommes disposés —et chanceux! Sinon, c'est la ritournelle dans un monde aigri, imbu de pouvoir crasse.
Adaptation des textes bibliques — Marianne Ackerman, Karen Young
Compositions, arrangements et réalisation — Karen Young
VOIX
Les filles de Jérusalem
Coral Egan — Une Fille de Jérusalem
Josée Lalonde — La Mère
Karen Young — La Sulamite
Les fils de David
Marcel de Hêtre — Salomon
Normand Richard — Le Berger
Vassil Markov & Doug Young sur Such Is Her Beloved
MUSICIENS
Caroline Béchard — second violon
Sylvain Bergeron — oud, théorbe
Virginie Dulude-Trudel — harpe celtique
Aleksey Dyachkov — alto
Norman Lachapelle — basse acoustique
Helmut Lipksy — premier violon et soliste
Isabelle Marchand — dessus et basse de viole
Vassil Markov — kaval, gaïda
Leslie Snider — violoncelle
Pierre Tanguay — percussions
Karen Young — synthétiseur
SON
Enregistré au Studio Divan Vert
Prise de son — Jean-Jacques Bourdeau
Mixage — Jean-Jacques Bourdeau, Jean Lacasse, Karen Young
Assistance au mixage — Michel Lambert, Jean Giroulx
Programmation et synchronisation — Jean Lacasse
Matriçage — Renée Marc-Aurèle, Studio SNB
POCHETTE
Graphisme — Susan Valyi
Artiste — Agnolotori Bronzino (1503-1572)
Photographie — Gilles La France
Exégète — François Brunetta
Élégance et élévation
Régis Tremblay, Le Soleil
Au sommet de son art d'interprète, Karen Young prouve avec éclat qu'elle est en plus une créatrice aux ressources immenses. Chantant l'un des cinq rôles principaux de son oratorio Canticum Canticorum, elle trouve des accents nouveaux et des raffinements inédits pour célébrer ce qu'elle nomme si bien “l'expression sacrée de la sensualité humaine”. Une voix fascinante dans le rôle de la Shulamite, qu'elle se fasse arabisante (Sick with love), médiévale (Septentrio et Teymane), celtique (Run, run, run) ou tzigane (Such is her beloved)... Mais c'est dans I Opened to my beloved, une mélopée amoureuse, qu'elle se révèle la plus sensible et la plus inventive.
Si admirable que soit la chanteuse, c'est la compositrice qui impressionne le plus fortement, par sa maîtrise étonnante de plusieurs styles et de plusieurs époques. Rares sont les créateurs, toutes catégories confondues, qui ont su marier autant d'influences avec une telle élégance et une telle élévation. Pour en arriver à pareil résultat, il faut une culture musicale peu commune, à laquelle s'ajoute un travail fort intelligent sur le texte.
Qu'ils soient an anglais, en latin, en français ou en d'autres langues, les 20 tableaux constituent un collage judicieux de diverses traductions bibliques. Une belle somme, fruit d'une étroite collaboration entre Young et Marianne Ackerman. Pour donner la réplique musicale à la Shulamite, soulignons l'apport exceptionnel de Josée Lalonde (la Mère), Coral Egan (une fille Jérusalem), Marcel de Hêtre (Salomon) et Normand Richard (le Berger). Qui plus est, toutes ces voix enrichissent le Cantique des cantiques de partitions chorales qui contribuent puissamment au charme de l'œuvre, supportée il est vrai par une douzaine d'excellents musiciens qui conjuguent instruments anciens (oud, théorbe, harpe celtique) et exotiques (kaval, gaïda)… sans parler du synthétiseur.
Karen Young
Lointain passé, avenir brillant
Alain Brunet, La Presse
Opiniâtre, Karen Young a pris le risque de mettre son jazz de côté (enfin, pas tout à fait) pour faire converger toutes ses autres passions sonores — musiques du Moyen-Âge et de la renaissance, patrimoines arabe, andalou, bulgare, etc. — pour créer le disque qui pourrait être le plus influent de tous ses disques. Car ce Canticum Canticorum est superbement construit et la demande est forte dans le domaine de la transculture à saveur médiévale. Les voix de Karen Young et Coral Egan s’amalgament à celles de Josée Lalonde, Normand Richard et Marcel de Hêtre, la fusion des écoles (classique, jazz, world) est aussi réussie que celle des patrimoines ou des époques. Le quatuor à cordes Helmut Lipsky “modernise” cette musique ancienne; les instruments bulgares de Vasil Markov (kaval et gaïda) se joignent à la harpe celtique ou le oud. Accessible, fin, magnifique sur toute la ligne.
Karen Young
Canticum Canticorum
Claude Grégoire, NetMusik
On savait Karen Young versatile, elle réussie pourtant encore à surprendre avec ce nouveau CD, l’oeuvre la plus audacieuse de sa carrière. Il s’agit ni plus ni moins d’une adaptation libre du “Cantique des Cantiques”, un incontournable des écrits bibliques. Conçue comme un oratorio, l’oeuvre met en valeur une brochette de chanteurs et chanteuses, dont Karen Young dans le rôle de la Sulamite. Les chansons sont des adaptations de différentes versions du texte sacré entraduction parfois française, souvent anglaise. La musique, entièrement composée par Karen Young, puise à différentes sources: opéras médiévaux, chants sacrés et musique arabe, pour n’en citer que quelques unes. L’instrumentation est aussi très variée, incluant synthétiseur, oud, harpe celtique et cornemuse bulgare. L’ensemble garde pourtant une unité de traitement homogène et économe, tout au service de l’oeuvre. Un doux festin pour toutes les oreilles.
Karen Young
Canticum Canticorum
Jean-François Parent, Kaos-NewsMagazine
Le Cantique des cantiques est cette histoire d'amour biblique. Compilation de chants érotiques du Moyen-Orient, le Cantique a été interprété de différentes façons à travers les siècles. En se réappropriant les musiques grégorienne, arabe et andalouse, les oratorios médiévaux, Karen Young propose un album très spirituel et planant. Avec un éventail d'instruments allant de la basse de viole à la harpe celtique et au quatuor à corde, la richesse des sons n'a d'égal que la thématique sensuelle des textes. Ceux-ci mettent en scène les Filles de Jérusalem, les Fils de David et le roi Salomon. Ce dernier, qui a construit le Temple de Jérusalem, avait dit-on plus d'un millier de maîtresses, légende qui donne un bon point de départ au triangle amoureux, au péché originel et, surtout, à l'amour et la sensualité. Bien que ce ne soit pas le genre de disque à privilégier pour une soirée, sa poésie fait rêver. À consommer au petit matin.
Young surprend encore
Canticum Canticorum — Karen Young
Lise Milette, ShowBizzNet
L'artiste fleuve inclassable puisqu'appartenant à tous les genres, y compris l'exploration musicale, revient cette fois avec un oratorio en 20 tableaux. Avec noblesse et simplicité, Karen Young présente le produit derecherches à travers les textes anciens, les écrits bibliques, les traditions arabes, dans un enchevètrement de symboles et de rythmes gitans. Les voix fortes des choristes mêlées aux emportements lyriques de l'artiste principale dans une mise en scène incroyable surprend et déstabilise. L'effet s'accentue davantage lorsque se greffe le style grégorien, où inévitablement les sonorités donnent l'impression d'assister à un rituel d'amour paîen. Et ce n'est pas si loin de la réalité.
Canticum Canticorum est la résultante d'une interprétation libre du livre du Cantique des cantiques, un récit d'amour, le conte de la sensualité et l'affirmation de l'ivresse des sens. Lourd de signification et de suggestivité, Karen Young, en toute conscience de cause, a précisément voulu jouer sur cette notion d'interdit et de romance excessive, défendant la pureté des émotions et l'expression de la sensualité. Fortement inspirée par un verset des Cantiques, “Ne réveillez pas l'Amour jusqu'à ce qu'il le désire”, Karen Young a laissé libre cours aux allégations de toutes sortes, y compris un hymne à l'arbre du péché originel dans Sub abore malo (la traduction de cette phrase latine étant “sous l'arbre du mal”, puis dans pose-moi comme un sceau, une autre interprétation de cette même histoire, mais présentée comme un geste de désir.
Malgré la richesse sémantique et l'hétérogénéité du contenu, Canticum Canticorum demeure un exercice de style et plaira avant tout aux initiés. En effet, les harmoniques et les connotations présentes sur l'album n'en font pas un produit grand public. Ce qui n'est pas un défaut en soi, mais qui situe tout de même l'oeuvre dans un contexte bien précis d'appréciation du rythme tribal associé à une certaine forme de spiritualité. Cela dit, Karen Young a une fois de plus réussi un tour de force en présentant un album d'une qualité exceptionnelle dans un enrobage sensible, presque mystique.
La plus importante production en carrière de Karen Young
Une oeuvre magistrale, raffinée et audacieuse
Francine Charette , Club-Culture
Avec ce disque, Karen Young utilise sa voix, ses qualités de musiciennes et de réalisatrice. Elle signe la musique et les arrangements sur une lecture personnelle des textes bibliques. L’adaptation de cette intemporelle histoire de triangle amoureux a été initiée par Marianne Ackerman dans sa pièce “Sliding In All Directions” pour laquelle Karen Young composait la musique et y jouait. Il aura fallu cinq années de plus pour qu’elle achève la version définitive de cet oratorio où cinq solistes incarnent les différents personnages.
Les paroles sont un collage libre de pièces choisies parmi les différentes traductions du Cantique des Cantiques. La musique aux accents méditerranéens est teintée d’influences classiques, anciennes, sacrées, arabes et tziganes. Comme toujours, Karen Young est entourée de musiciens et de solistes exceptionnels [...]
Un disque à faire rêver. Une exploration musicale qui unie le passé au présent. Le résultat de nombreuses années de recherche et d’appropriation de styles musicaux. Il faut écouter !
Karen Young admirable
Pierre Nadeau, Le Journal de Québec
Bien au-delà du simple concert, la prestation de Karen Young et de sa riche formation, hier soir, à la salle Albert-Rousseau, a été accueillie par le public comme une véritable expérience sensorielle, voire spirituelle!
L'atmosphère feutrée était chargée d'émotion au cours de cette présentations à la lueur des chandelles d'un opéra aux couleurs médiévales, inspiré de textes bibliques. La chanteuse, longtemps assimilée au monde du jazz a choyé son public en lui faisant vivre une expérience très singulière à travers l'intégrale de l'Album Canticum Canticorum (Le Cantique des cantiques), livré avec cœur et passion. L'œuvre repose sur une symbolique de l'amour, en opposant une vision moderne à une vision ancienne. Le Cantique des Cantiques, dit-on, est une compilation de chants érotiques du Moyen-Orient amassés autour du IIIe siècle avant notre ère.
Tout un voyage
Ce premier oratorio de Karen Young propose un savoureux mélange de récitatifs en grégorien, de musique ancienne, de musique sacrée et de musique arabe. Le public a pu profiter d'un merveilleux voyage dans une époque très lointaine aux sons d'instruments particuliers, comme le luth, ainsi que la flûte et la cornemuse bulgare (kaval et gaïda), qui s'entremêlaient aux instruments à cordes et aux percussions.
La voix étincelante, le mouvement théâtral, Karen Young a su relever avec brio le lourd défi de recréer en scène la magie de son album. Les spectacteurs qui n'étaient pas familiers avec le disque ont pu être déroutés par cette surprenante démarche musicale à saveur monastique. Mais tous ont été conquis par la beauté des voix et par la qualité des musiciens, à qui la leader accordait beaucoup d'espace.
Malheureusement pour ceux qui ont manqué cet événement, c'était la seule représentation offerte par Karen Young. En attendant une éventuelle supplémentaire, il faudra donc s'en tenir au disque.
L'audace et l'opiniâtreté de Karen Young
Sylvain Cormier
Tomber pile. Coïncider avec l’époque. Ça devait lui arriver un jour. Lancé il y a quelques semaines, ce disque de Karen Young se vend en effet remarquablement bien. On en est déjà à la réimpression, une première en carrière. Que déduire de ce succès qui ajoute enfin à l’estime critique et la poignée de fidèles un public plus large? Il faut croire que Karen Young a touché la bonne corde au bon moment. Ou alors que la corde est enfin tendu et disponible à qui veut la pincer. Le succès, pour une artiste aussi résolument marginale que Karen Young, est forcement une drôle de bête qu’on ne voit pas venir. Aucun dessein préalable. Notre intraitable hippie, qui explore et appronfondit les musiques de toutes provenances depuis trois décennies, n’a jamais eu velléité de succès un tantinet commercial.
C’est pourtant indéniable: cette nouvelle mise en musique du biblique Cantique des Cantiques, résultat d’une vie de recherches appliquées, projet éminemment personnel sans égard aux courants et modes, répond contre toute attentes...à des attentes. Il y a là-dedans, magiquement intégré en une musique harmonieuse, tout ce qu’il y a d’intéressant dans les disques des Emma Shapplin, Loreena McKennitt, Lhasa, et autres [...]: de la musique tzigane, des vocalises opératiques, des relents de rock progressif, de complexes jeux d’harmonies vocales pas si éloignés des Corses ou des Bulgares, des sonorités arabisantes, des effluves médiévales, des cordes classiques, etc.
Peut-être est-on arrivé à ce moment où, lassé des formes trop fixes de la musique populaire l’auditeur le moindrement audacieux se met à chercher le salut chez les inclassables. Si cela est, bravo: il y a chez Karen Young matière à se remplir les oreilles et la tête pour longtemps.
Rien que pour cet Oratorio Canticum Canticorum, nombre d’écoutes sont légitimes. On peut se contenter de l’album comme bande sonore d’un dimanche matin paisible ou alors plonger corps et âme dans l’oeuvre, substrat dense et complexe de plusieurs siècles de musique. Et quand cela ne suffirait pas, l’exégète aura tout intérêt à lire le texte de ce Cantique des cantiques dans ses subtiles variantes.
Belle leçon que celle-là: après avoir tâté le jazz, les rythmes du mondes, le pop, la chanson et le R&B sur des disques plus ou moins confidentiels, c’est finalement le projet le moins évident de Karen Young qui reçoit l’assentiment le plus général. Comme quoi audace et opiniâtreté dans l’art véritable, ultimement, finissent par payer. Et pas toujours à titre posthume.
Un Canticum Canticorum exceptionnel
Appréciation: 9/10
Ici Montreal.com
Karen Young ne cessera jamais de nous étonner. Si pour certains, elle est considérée comme l'une des plus grandes chanteuses de jazz au Canada, pour d'autres, elle se révèle polyvalente, passant de la musique du monde à la musique cantique. Quoi qu'il en soit, l'auteur-compositeur-interprète nous offre, une fois de plus, une oeuvre audacieuse. Nous avons tenté de percer le mystère entourant son dernier-né Canticum Canticorum lors de son lancement au Théâtre Corona.
Nous assistons depuis plus de 20 ans à l’évolution d’une artiste exceptionnelle : Karen Young. Si on ne peut l’inclure dans aucune catégorie, il n’en reste pas moins que son approche musicale est recherchée et produite avec pertinence. Elle nous arrive cette fois-ci avec un disque découpé en 20 tableaux, dans un style néo-médiéval et Renaissance: “C’est la première fois que j’endisque un tel style de musique. J’ai écrit Canticum Canticorum dans le style d’un oratorio. Cinq personnages nous interprètent l’humanité telle que je l’ai orchestrée.” Cette lecture personnelle de textes bibliques retrace l’histoire d’un triangle amoureux. Ce collage libre est accompagné de différents accents méditerranéens aux influences classiques. On se croirait au paradis. Pour Karen Young, c’est tout simplement l’expression sacrée de la sensualité humaine.
Il a fallu plus de cinq ans à l’artiste pour en arriver au produit final. Entourée de plus de 15 musiciens et de solistes, la chanteuse a dû entreprendre de nombreuses démarches avant de passer à l’étape de l’enregistrement: “En me faufilant parmi les étudiants de l’Université McGill, j’ai pu ramasser une collection de musique médiévale pour m’inspirer. Par la suite, j’ai composé les 20 tableaux dans une forme propre au style.” En se laissant influencer par les oratorios médiévaux et la musique arabe, Karen Young nous offre un voyage au coeur d’une bible revisitée.
Amis et médias ont pu voir sur scène lors du lancement de Canticum Canticorum, un avant-goût des spectacles qui auront lieu en septembre prochain au Théâtre Corona: “Avec autant de musiciens et de solistes sur scène, je ne voulais pas tomber dans le jeu de l’opéra. Je crois que seule la musique parlera à travers cette série de spectacles.” Ce rendez-vous avec Karen Young pourrait bien afficher complet si l’on se fie à ses derniers spectacles joués à guichet fermé dans la région métropolitaine. À en juger par le tour de force réalisé sur son dernier album, on ne peut que s’attendre au mieux de la part de la chanteuse.
Karen Young
Canticum Canticorum
Claude Côté, Voir
Les filles de Jérusalem, Salomon qui s'en mèle, puis les fils de David, la Sulamite noire, le berger et la mère. Où sommes-nous, bon sang? Aux troisième et deuxième siècles avant notre ère. Le Cantique des cantiques, compilation de chants érotiques du Moyen-Orient, perçus du point de vue juif comme l'expression de la relation sacrée entre Dieu et son peuple. Les oratorios médiévaux et les récitatifs en grégorien sont adaptés des textes bibliques par Marianne Ackerman et Karen Young. Cela peut paraître lourd, mais cette oeuvre colossale, avec l'imposante distribution qui l'accompagne, semble déliée du poids de son immense signification et prend son envol dans la folie, dans la légèreté de l'être, exorcisant au passage le mauvais présage dans une orgie d'oud, de violoncelles et de violes à rendre jaloux le frère Tuck. Céleste.
L’interprétation de la chanteuse Karen Young de son oratorio, Canticum Canticorum, est l’élément central de cette dramatisation du célèbre texte biblique Le Cantique des cantiques. Les arrangements musicaux de Karen Young se mêlent aux chorégraphies de Gioconda Barbuto, du Nederlands Dans Theater et composent une prenante histoire d’amour et de trahison dans un décor urbain du 21e siècle. (D'après Téléfim Canada)
Prix du Jury au Yorkton Film Festival 2007 — Prix de la Canadian Society of Cinematographers à Marc Gadoury, Meilleure photographie pour une performance 2006 — En nomination au Festival International de Programmes Audiovisuels 2007
Avec Karen Young, Chanti Wadge et Mario Radacovsky